Présentation

À la rencontre de l’Âme

Je vous invite à la rencontre
De ce qui habite, anime nos chairs,
Cette énergie céleste, dans la pénombre,
Ce spectre intime, nommé Éther.

Tantôt lumière, vapeur, émanation,
Que les croyances enferment dans l’Au-delà
La même substance a tant de noms
Psyché, Nephesh ou bien Athma.

Certes le folklore nous fait rêver
D’un Paradis, d’un Nirvana,
Où l’Âme en paix, peut reposer
Tranquillement et sans tracas.

N’attendez pas cette heure ultime,
Pour expirer ce souffle magique,
C’est l’étincelle qui nous sublime,
Nous rend vivants, charismatiques.

C’est pourtant simple de l’écouter,
C’est la musique rythmant nos pas,
Qui dans nos rêves et nos pensées
Nous guide au plus profond du Soi.

In Vino Veritas

Azaza Azunder

Certes les mots comme des couteaux
Peuvent abîmer ce qui en nous
Compose notre âme et notre ego
Peuvent blesser, pousser à bout.

Mais c’est ainsi que l’être humain
Voulant éviter les dégâts
Prend des pincettes au quotidien
Se croyant être délicat!

Entre courbette et trahison
Sourire forcé, petit bobard
On sait mentir de mille façon
Et pour certains c’est tout un Art.

L’honnêteté dans son écrin
Est devenue un minerai rare;
Ce n’est hélas pas anodin
Quand l’autre est franc à notre égard.

Tous ces non-dits, ces simulacres
Nous prenons tout détour possible
Pire qu’une pièce de théâtre
L’authentique est inaccessible…

Comme une peur fondamentale
D’être soudain mis à nu
On reste dans l’ornemental
Gardant pour soi toute sa vertu.

Les vrais échanges sont si précieux
Tout comme la complicité
La vérité est dans les yeux
Des amoureux, des amitiés~

L’impatience

Aykut Aydoğdu

Nous avons tous je crois, une certaine expérience
Avec ce sentiment; il nous est familier.
Et si le plus souvent il règne durant l’enfance
Il est clair qu’à tout âge, on le laisse s’exprimer.

Diverses situations, maintes circonstances
Nous mènent à vivre cet état singulier
Avoir la sensation d’être en effervescence
Comme si à l’intérieur tout notre sang bouillait.

Parfois c’est dans l’attente d’une récompense
Et dans ce cas précis on est tout enjoué
Comme quelques heures avant le début des vacances
Qu’on ne tient pas en place, qu’on se met à danser.

Mais si c’est un caprice sans réelle importance
Il est fort probable qu’on finisse par bouder
Cette émotion entraîne, bien souvent l’insolence
Quand on ne sait attendre et qu’on ne fait que râler.

C’est que ce sentiment demande de l’excellence
Afin de ne pas tout de suite abandonner
Et voir l’échec comme une renaissance
Recommencer encore, jusqu’à…y arriver.

Mais lorsque l’on a des exigences
Et qu’on veut tout de suite du concret
On a tendance à prendre comme une pénitence
L’inconstance du succès.

Ce ressenti fait naître de l’impuissance
Quand dans l’attente on fixe le sablier
Il ne faut pas prendre cela comme une offense
Le temps fait son travail, il faut le respecter.

Si dans bien des contextes on risque l’imprudence
De part nos gestuelles trop vite effectuées
Dans d’autres cas on manque d’indulgence
Quand l’erreur de l’autre on ne sait pardonner.

Dans cet émoi, l’univers teste notre endurance
Et celui qui trépigne pourrait bien trébucher
Si l’on saisit qu’il faut de la persévérance
Alors au bout du compte on a tout à gagner.

Ainsi, je partage avec vous cette éloquence
Car je soutiens que la plus belle qualité
Est qu’humblement on sache, dans le silence
Des heures durant, regarder l’herbe pousser.

Descente infernale

Agostino Arrivabene

Les légendes, les mythes, nous décrivent les Enfers
Comme un gouffre sans fin d’où jaillissent des flammes,
On dit qu’à cet endroit, il règne une atmosphère
Angoissante, cauchemardesque où se morfondent les âmes.

On y trouverait des démons, des entités, des créatures
Qui jouent de mauvais tours aux déchus égarés…
Tant de scènes effrayantes, dans la littérature,
Des titans en colère, des dragons à terrasser.

C’est qu’il nous parait loin, l’empire de Lucifer,
Pourtant la porte est là, elle est juste à coté.
Nul besoin de se rendre, en bas, six pieds sous terre
Pour rencontrer les ombres, en soi il faut plonger…

Mais la noirceur de ces lieux nous tient à distance
Et nous pouvons compter sur nos fidèles réflexes;
Le déni en parfait mécanisme de défense;
L’Être humain est paré dans son armure complexe.

Ainsi nous nous méfions des emprises de ce Monde
Sans même se douter que le pire se trame;
Au plus proche du cœur, une antre bien profonde
Héberge des créatures, des petits êtres infâmes.

Ils sont tellement discrets qu’on ne soupçonnerait pas
D’être nous même l’hôte de ces vils sacripants
Mais c’est qu’ils sont malins et habiles comme des rats
Et ne se gênent pas pour envahir l’inconscient.

Ils attisent les feux de la peur et de la haine,
Se nourrissent des lambeaux de nos vieilles blessures
Et on accuse chaque fois le pauvre Croque-mitaine
Alors que nos insomnies sont leurs insidieux murmures.

Ils sont machiavéliques et mettent en place des pièges
Pour détourner leur hôte du juste et droit chemin
Leur but ultime étant (se sont de fins stratèges!)
De nous faire vivre, un calvaire sans fin.

Lentement mais surement, le travail à la mine
Leur fait gagner du terrain sur l’emprise de votre âme
Si vous n’affrontez pas dès le début cette vermine
Alors attendez-vous à un sacré programme.

Ils vous poussent à juger, mépriser, dénigrer,
Ce qui se passe autour, autrui, et même pire
Si l’Amour en dedans commence à faner,
Votre cœur est l’otage de ces satanés vampires!

S’ils vous chuchotent à l’oreille que vous ne valez rien
Et que devant le miroir votre estime se meurt
Ne soyez pas esclave, regagner vos moyens
En vous rappelant que tout ceci n’est qu’un leurre

Mais il arrive que parfois, on puisse s’attacher
À ces drôles de satyres, et que leur compagnie
Ne nous déplaise pas tant, qu’on soit habitué
Qu’on les nourrissent et même qu’on les garde pour amis.

Le traquenard est là, qu’on se prenne d’affection
Pour ce qui nous hante, nous cloue au plus bas
Que « ad vitam aeternam », on soit dans l’illusion
Et que la crainte du changement soit le mauvais combat.

Haine, Peur, Amertume, Colère…
Tant de noms que peuvent ces démons porter
Et pour nous enfermer loin de la lumière
Nous conduisent dans le ravin du doute, aveuglés.

Souvenez-vous d’une chose: que vous êtes l’unique
À posséder la clef de votre propre Enfer
Remettez donc au cachot ces entités cyniques
Et condamner la porte avec un beau Cerbère…

Aux confins du Soi

L’esprit entre quatre murs, on rencontre le Temps
On change nos habitudes comme on change de peau
Et si pour quelques humains c’est un bouleversement
Il est l’heure de renaître, de changer de propos.

C’est bien ce que soumet, le Ciel à ses enfants
Qui s’égarent sans cesse en ces temps atypiques
Le repos qu’il impose comme un amendement
Est tellement nécessaire, qu’il est épidémique.

Certes le bilan est lourd et les larmes diluviennes
Le virus démoniaque n’a aucune pitié
S’il vous a repéré et vous prend dans ses chaînes
Sachez que la prière pourrait le désarmer.

Mais si vous êtes chanceux, que le mal vous épargne
Que le congé vous cloue au seuil de la maison
Soyez donc inventif et voyez la lucarne
Comme une fenêtre ouverte sur un bel horizon.

Appréciez la musique que vous joue le silence
Venez à la rencontre de ce qui vous habite
Alors la solitude deviendra abondance
Enfin cet espace clos, n’aura plus de limite.

Redécouvrir le corps, qu’on use à tout bout de champs
Le laisser s’exprimer au rythme qui lui plait
S’accorder sur son cycle, l’écouter sincèrement
Oser sans fioritures, incarner qui on est.

Le cortège hivernal laisse place au Printemps
Allons dans le jardin pour enfin mettre en terre
Ce qui ne concerne pas, le dit « moment présent »
De belles fleurs vont naître.

Non, nous ne sommes pas en Guerre…

Magie Élémentaire

Je demande à l’AIR de purifier mon Âme
Que la danse des Sylphes, que le souffle des Anges
Allègent mon être, que mon Aura émane
Que je me sente légère…comme une Mésange.

Je demande à la TERRE de filtrer mes Peines
Et de les transformer en puissante énergie
En offrande, mes tracas plantés telle une graine
Deviendront espoirs, c’est cela la Magie..!

Je demande au FEU suprême de transmuter mes Peurs
En cendres les réduire, mais comme rien ne se perd
Se nourrir de cette force, profiter de sa chaleur
Et ramasser des diamants dans cette poussière.

Je demande à l’EAU de nettoyer mon Corps
Aux rivières, aux torrents, aux sources, aux fontaines
Quand celle-ci est bénite, le tourment s’évapore
Nul besoin du Gange, sous une pluie diluvienne.

Je demande à l’ESPRIT d’harmoniser mon Être
Qu’il s’éveille en moi, que je sois Quintessence
C’est lui qui me guide, me permet de renaître
Il est certes subtile mais a grande importance.

Les cinq Éléments composent mon Panthéon
Ces forces naturelles m’accompagnent chaque jour
Ils me permettent d’établir cette forte connexion
Avec l’Univers, au son du Tambour…

V.I.T.R.I.O.L

Il faut s’armer de patience de force et de courage
Lorsque l’on entreprend de faire le Grand ménage
Mais n’est ce pas là, le début d’une vie meilleure?
Quand pour la quête du Soi on ne compte plus les heures.

Il arrive qu’on décide sur un coup de pleine Lune
De faire un bilan; sagement, sans rancune
D’attaquer en conscience certains gros travaux
Et d’enfin faire la paix avec ses profonds maux.

Mais parfois sans choisir l’Univers nous impose
Une intrépide virée, là où on entrepose
Des dossiers oubliés et des gros sacs de nœuds
Qu’on redécouvre pantois…Quel instant migraineux!

Vous voulez vous enfuir mais la porte se referme
Et hélas ce n’est pas un vulgaire escape game
Considérez l’aventure comme une chance inespérée
Et à la fin de l’épreuve, vous trouverez la Clef!

Vous êtes un peu inquiet et au bord de la colère
Dans la pièce il fait sombre, la seule source de lumière
Est celle de l’espoir, dans vos yeux qui auscultent
Qui cherchent la sortie, que votre esprit occulte.

Dans ces sacs de nœuds il faut trouver le fil
Doucement le démêler avec des doigts agiles
Jusqu’à tenir en main un passé dénoué
Qu’ainsi ce fil serve au futur à tisser.

Vous êtes sur la bonne voie; la pièce mystérieuse
Prend enfin plus de sens, devient plus lumineuse.
Quelque part sur un mur, un poussiéreux miroir
Il n’est point banal; sa glace est en obsidienne noire.

D’un regard curieux vous vous en approchez
Essayant de décoder ses reflets abstraits
Sans comprendre pourquoi, vous vous trouvez ému
Sentant en votre sein que quelque chose remue.

Là cet abscons tableau cherche à vous parler
Il renvoie des images avec plus de clarté
Évoque des émotions et des sujets tabous
On dirait qu’il sait tout ce qu’il y a au fond de Vous.

Il semble connaitre par cœur vos hontes et vos blessures
Que vous avez caché, non loin, derrière ce mur
Et il vous les présente sous un autre horizon
La poésie les rend belles, et leurs donne raison.

Il vous explique alors que tout ce qui est dans le cœur
À le droit d’exister, même si ce sont des peurs
Que chaque sentiment à sa justification
Et qu’il faut y porter une réelle attention.

Un puissant lien éclos de cet échange mystique
C’est qu’il vous fascine…ce miroir atypique!
Vous avez presque envie de ne plus le quitter
Car vous êtes attendris par ce qu’il a raconté.

Sur sa glace opaque, d’une tendre caresse
Vous le remercier pour cette incroyable justesse
Pour cette leçon de vie tout juste bien tombée
Un recentrage éclair dans votre Vérité.

En réponse à cela, le miroir d’un noir dense
Fait preuve à son tour d’un peu de transparence
Il laisse apparaître une image familière
Et c’est votre reflet…derrière la poussière.

Vous parliez à vous même, à votre chère Âme
Sans vous rendre compte de cette jolie trame
Et cette pièce, d’abord sombre, finalement lieu d’initiation
Est à l’intérieur de vous, on l’appelle Introspection.

La Voie

Naviguer dans l’Abîme de nos obscures questionnements
Y chercher la Lumière et trouver en chemin
D’autres interrogations, bon nombre de raisonnements
Interminable est la quête, on y avance sans fin.

Il faut faire parait-il, des théories, des choix
Pour donner quelque sens à ce Grand Mystère
Nous cherchons à tue-tête mais nous oublions parfois
Que nous avons sous le nez les Sept lois de l’Univers.

Mais l’Homme par nature veut saisir le sauvage
Il aspire à mettre en boîte l’insaisissable cosmos
Pour l’observer, l’étudier tel un oiseau en cage,
Et contrôler chaque instant en défiant Chronos.

Insatiable il court toujours à la conquête de l’Or
Oubliant le doux rythme du tambour du Cœur
À force d’échecs et d’épuisement il percutera alors
Que cette pierre de Soleil brûle en son intérieur.

Quand il aura acquis qu’il ne faut point courir
Et que les Clefs sont là juste à portée de main
Qu’un regard vers le ciel lui permettra de se dire
Que la richesse du Monde demeure en son sein

Il retrouvera sa place auprès des sœurs Étoiles
Enfin apaisé d’avoir trouvé la lumière
Aligné, transparent, débarrassé de ce voile
Qui éloigne de l’évidence, nous enferme dans la matière…

La danse des Cycles

Ce soir le Macrocosme peint un tableau subtile;
La Lune bientôt pleine, s’apprête pour le Cancer
Tandis que le Soleil, rêve de leur idylle
Elle se fera désirer dans l’ombre de la Terre.

L’alignement des Astres à lire comme un présage?
Quelques leçons de vie, le Cosmos nous chante
Et peut-être jusqu’à comprendre en l’Eclipse un message
Soyons bien attentifs, cette nuit sera parlante.

« Ce qui est en Haut est comme ce qui est en Bas »
Nous le rappelle Hermes, le Messager des Dieux
Alors préparons nous, ce soir c’est le Sabbat
À enfiler nos ailes, à regarder les Cieux.

Dans ces moment cycliques où l’Univers s’impose
Nos corps tels des paquebots perdent souvent la boussole
Les émotions chavirent parfois pour peu de chose
Tout comme il en faut peu, pour que l’on se console.

Car nos Eaux intérieures, à l’image de la marée
Se mouvent, se balancent sous la gravité
Par les lois de ce Monde nous sommes influencés
Mais sachez que la Nature a tout bien calculé.

Et nous funambulons sur la corde sensible
La tête dans la Lune comme Pierrot, Colombine
Si on prenait exemple pour trouver l’équilibre
Comme les plantes en Hiver, redescendre aux racines.

Au lieu de se courber, redressons notre échine
Ouvrons en grand les bras, accueillons le changement
Préparer le terrain, retirer les épines
Qu’on a nous même planté, la plus part du temps.

Enlevons ces pansements qui ne font que cacher
Des plaies parfois si belles et qui font qui nous sommes
Accepter la mouvance et laisser s’exprimer
Comme les Corps célestes, nos corps et leurs symptômes.

En ces jours décisifs, l’étonnante carte du Ciel
Nous invite à danser pour éviter la chute
Alors nous ferions bien de prendre ses conseils
D’accompagner le mouvement, d’abandonner la lutte.

Laissons un peu ouvertes les portes que l’on redoute
Qui nous mèneront certes, on ne sait où demain
Ne pas sans cesse fuir, l’inconnu qui déroute
Et se laisser porter, faire confiance au Destin…

La petite histoire de l’Ego

L’Ego, capitaine de nos vies est un fier conquérant
Prêt à museler l’Âme pour garder le dictât
Il use de ses pouvoirs pour être au premier rang
Et défile fièrement dans ses beaux apparats.

L’Ego est une armure mais elle n’est pas sans faille
Un poignard dans le mille; elle se brise comme du verre
On recolle les morceaux, on en fait un vitrail
Pour cacher ses faiblesses au reste de l’Univers.

Mais lorsque l’on retire, ce masque qui nous enferme
Souvent on entrevoit un amas de blessures
C’est bien cet Ego qui nous permet à terme
De garder le dos droit et de faire bonne figure.

Certains trouvent agréable de marcher dans son ombre
De se laisser porter par ce Moi imposteur
D’autres ignorent son manège et l’emportent dans leur tombe
Moi j’aimerais le dissoudre et libérer les rancœurs.

Dans chaque recoin l’Ego sait se cacher
Dans l’Esprit, dans le Corps il dépose ses scories
Mais comme toute matière on peut le purifier
Le rendre lumineux, grâce à l’Alchimie!

Stephen Mackey

Prière au Feu

Dans ton étreinte…Feu!
Tu embrases à jamais,
Sans souci des enjeux,
Le Coeur de la Forêt.

Ce soir je te demande
Grand esprit des flammes
Oh belle Salamandre
De cesser ce vacarme…

Même si mon imagination
Me pousse à penser
Qu’il doit y avoir une raison
À ces calamités…

Comme lire entre les lignes
Ce message dramatique
Voir au delà des signes
De l’urgence climatique

Entendre ceci comme l’appel
De la Terre vers l’Humanité
Pour réveiller les Consciences
Et pour nous rassembler

À travers ces prières,
Dans cette danse de la pluie
Dépassons nos barrières
Et soyons Tous unis ~

(A la mémoire des feux de forêts mondiaux, 2019)