
Les légendes, les mythes, nous décrivent les Enfers
Comme un gouffre sans fin d’où jaillissent des flammes,
On dit qu’à cet endroit, il règne une atmosphère
Angoissante, cauchemardesque où se morfondent les âmes.
On y trouverait des démons, des entités, des créatures
Qui jouent de mauvais tours aux déchus égarés…
Tant de scènes effrayantes, dans la littérature,
Des titans en colère, des dragons à terrasser.
C’est qu’il nous parait loin, l’empire de Lucifer,
Pourtant la porte est là, elle est juste à coté.
Nul besoin de se rendre, en bas, six pieds sous terre
Pour rencontrer les ombres, en soi il faut plonger…
Mais la noirceur de ces lieux nous tient à distance
Et nous pouvons compter sur nos fidèles réflexes;
Le déni en parfait mécanisme de défense;
L’Être humain est paré dans son armure complexe.
Ainsi nous nous méfions des emprises de ce Monde
Sans même se douter que le pire se trame;
Au plus proche du cœur, une antre bien profonde
Héberge des créatures, des petits êtres infâmes.
Ils sont tellement discrets qu’on ne soupçonnerait pas
D’être nous même l’hôte de ces vils sacripants
Mais c’est qu’ils sont malins et habiles comme des rats
Et ne se gênent pas pour envahir l’inconscient.
Ils attisent les feux de la peur et de la haine,
Se nourrissent des lambeaux de nos vieilles blessures
Et on accuse chaque fois le pauvre Croque-mitaine
Alors que nos insomnies sont leurs insidieux murmures.
Ils sont machiavéliques et mettent en place des pièges
Pour détourner leur hôte du juste et droit chemin
Leur but ultime étant (se sont de fins stratèges!)
De nous faire vivre, un calvaire sans fin.
Lentement mais surement, le travail à la mine
Leur fait gagner du terrain sur l’emprise de votre âme
Si vous n’affrontez pas dès le début cette vermine
Alors attendez-vous à un sacré programme.
Ils vous poussent à juger, mépriser, dénigrer,
Ce qui se passe autour, autrui, et même pire
Si l’Amour en dedans commence à faner,
Votre cœur est l’otage de ces satanés vampires!
S’ils vous chuchotent à l’oreille que vous ne valez rien
Et que devant le miroir votre estime se meurt
Ne soyez pas esclave, regagner vos moyens
En vous rappelant que tout ceci n’est qu’un leurre
Mais il arrive que parfois, on puisse s’attacher
À ces drôles de satyres, et que leur compagnie
Ne nous déplaise pas tant, qu’on soit habitué
Qu’on les nourrissent et même qu’on les garde pour amis.
Le traquenard est là, qu’on se prenne d’affection
Pour ce qui nous hante, nous cloue au plus bas
Que « ad vitam aeternam », on soit dans l’illusion
Et que la crainte du changement soit le mauvais combat.
Haine, Peur, Amertume, Colère…
Tant de noms que peuvent ces démons porter
Et pour nous enfermer loin de la lumière
Nous conduisent dans le ravin du doute, aveuglés.
Souvenez-vous d’une chose: que vous êtes l’unique
À posséder la clef de votre propre Enfer
Remettez donc au cachot ces entités cyniques
Et condamner la porte avec un beau Cerbère…








