Descente infernale

Agostino Arrivabene

Les légendes, les mythes, nous décrivent les Enfers
Comme un gouffre sans fin d’où jaillissent des flammes,
On dit qu’à cet endroit, il règne une atmosphère
Angoissante, cauchemardesque où se morfondent les âmes.

On y trouverait des démons, des entités, des créatures
Qui jouent de mauvais tours aux déchus égarés…
Tant de scènes effrayantes, dans la littérature,
Des titans en colère, des dragons à terrasser.

C’est qu’il nous parait loin, l’empire de Lucifer,
Pourtant la porte est là, elle est juste à coté.
Nul besoin de se rendre, en bas, six pieds sous terre
Pour rencontrer les ombres, en soi il faut plonger…

Mais la noirceur de ces lieux nous tient à distance
Et nous pouvons compter sur nos fidèles réflexes;
Le déni en parfait mécanisme de défense;
L’Être humain est paré dans son armure complexe.

Ainsi nous nous méfions des emprises de ce Monde
Sans même se douter que le pire se trame;
Au plus proche du cœur, une antre bien profonde
Héberge des créatures, des petits êtres infâmes.

Ils sont tellement discrets qu’on ne soupçonnerait pas
D’être nous même l’hôte de ces vils sacripants
Mais c’est qu’ils sont malins et habiles comme des rats
Et ne se gênent pas pour envahir l’inconscient.

Ils attisent les feux de la peur et de la haine,
Se nourrissent des lambeaux de nos vieilles blessures
Et on accuse chaque fois le pauvre Croque-mitaine
Alors que nos insomnies sont leurs insidieux murmures.

Ils sont machiavéliques et mettent en place des pièges
Pour détourner leur hôte du juste et droit chemin
Leur but ultime étant (se sont de fins stratèges!)
De nous faire vivre, un calvaire sans fin.

Lentement mais surement, le travail à la mine
Leur fait gagner du terrain sur l’emprise de votre âme
Si vous n’affrontez pas dès le début cette vermine
Alors attendez-vous à un sacré programme.

Ils vous poussent à juger, mépriser, dénigrer,
Ce qui se passe autour, autrui, et même pire
Si l’Amour en dedans commence à faner,
Votre cœur est l’otage de ces satanés vampires!

S’ils vous chuchotent à l’oreille que vous ne valez rien
Et que devant le miroir votre estime se meurt
Ne soyez pas esclave, regagner vos moyens
En vous rappelant que tout ceci n’est qu’un leurre

Mais il arrive que parfois, on puisse s’attacher
À ces drôles de satyres, et que leur compagnie
Ne nous déplaise pas tant, qu’on soit habitué
Qu’on les nourrissent et même qu’on les garde pour amis.

Le traquenard est là, qu’on se prenne d’affection
Pour ce qui nous hante, nous cloue au plus bas
Que « ad vitam aeternam », on soit dans l’illusion
Et que la crainte du changement soit le mauvais combat.

Haine, Peur, Amertume, Colère…
Tant de noms que peuvent ces démons porter
Et pour nous enfermer loin de la lumière
Nous conduisent dans le ravin du doute, aveuglés.

Souvenez-vous d’une chose: que vous êtes l’unique
À posséder la clef de votre propre Enfer
Remettez donc au cachot ces entités cyniques
Et condamner la porte avec un beau Cerbère…

V.I.T.R.I.O.L

Il faut s’armer de patience de force et de courage
Lorsque l’on entreprend de faire le Grand ménage
Mais n’est ce pas là, le début d’une vie meilleure?
Quand pour la quête du Soi on ne compte plus les heures.

Il arrive qu’on décide sur un coup de pleine Lune
De faire un bilan; sagement, sans rancune
D’attaquer en conscience certains gros travaux
Et d’enfin faire la paix avec ses profonds maux.

Mais parfois sans choisir l’Univers nous impose
Une intrépide virée, là où on entrepose
Des dossiers oubliés et des gros sacs de nœuds
Qu’on redécouvre pantois…Quel instant migraineux!

Vous voulez vous enfuir mais la porte se referme
Et hélas ce n’est pas un vulgaire escape game
Considérez l’aventure comme une chance inespérée
Et à la fin de l’épreuve, vous trouverez la Clef!

Vous êtes un peu inquiet et au bord de la colère
Dans la pièce il fait sombre, la seule source de lumière
Est celle de l’espoir, dans vos yeux qui auscultent
Qui cherchent la sortie, que votre esprit occulte.

Dans ces sacs de nœuds il faut trouver le fil
Doucement le démêler avec des doigts agiles
Jusqu’à tenir en main un passé dénoué
Qu’ainsi ce fil serve au futur à tisser.

Vous êtes sur la bonne voie; la pièce mystérieuse
Prend enfin plus de sens, devient plus lumineuse.
Quelque part sur un mur, un poussiéreux miroir
Il n’est point banal; sa glace est en obsidienne noire.

D’un regard curieux vous vous en approchez
Essayant de décoder ses reflets abstraits
Sans comprendre pourquoi, vous vous trouvez ému
Sentant en votre sein que quelque chose remue.

Là cet abscons tableau cherche à vous parler
Il renvoie des images avec plus de clarté
Évoque des émotions et des sujets tabous
On dirait qu’il sait tout ce qu’il y a au fond de Vous.

Il semble connaitre par cœur vos hontes et vos blessures
Que vous avez caché, non loin, derrière ce mur
Et il vous les présente sous un autre horizon
La poésie les rend belles, et leurs donne raison.

Il vous explique alors que tout ce qui est dans le cœur
À le droit d’exister, même si ce sont des peurs
Que chaque sentiment à sa justification
Et qu’il faut y porter une réelle attention.

Un puissant lien éclos de cet échange mystique
C’est qu’il vous fascine…ce miroir atypique!
Vous avez presque envie de ne plus le quitter
Car vous êtes attendris par ce qu’il a raconté.

Sur sa glace opaque, d’une tendre caresse
Vous le remercier pour cette incroyable justesse
Pour cette leçon de vie tout juste bien tombée
Un recentrage éclair dans votre Vérité.

En réponse à cela, le miroir d’un noir dense
Fait preuve à son tour d’un peu de transparence
Il laisse apparaître une image familière
Et c’est votre reflet…derrière la poussière.

Vous parliez à vous même, à votre chère Âme
Sans vous rendre compte de cette jolie trame
Et cette pièce, d’abord sombre, finalement lieu d’initiation
Est à l’intérieur de vous, on l’appelle Introspection.

La Voie

Naviguer dans l’Abîme de nos obscures questionnements
Y chercher la Lumière et trouver en chemin
D’autres interrogations, bon nombre de raisonnements
Interminable est la quête, on y avance sans fin.

Il faut faire parait-il, des théories, des choix
Pour donner quelque sens à ce Grand Mystère
Nous cherchons à tue-tête mais nous oublions parfois
Que nous avons sous le nez les Sept lois de l’Univers.

Mais l’Homme par nature veut saisir le sauvage
Il aspire à mettre en boîte l’insaisissable cosmos
Pour l’observer, l’étudier tel un oiseau en cage,
Et contrôler chaque instant en défiant Chronos.

Insatiable il court toujours à la conquête de l’Or
Oubliant le doux rythme du tambour du Cœur
À force d’échecs et d’épuisement il percutera alors
Que cette pierre de Soleil brûle en son intérieur.

Quand il aura acquis qu’il ne faut point courir
Et que les Clefs sont là juste à portée de main
Qu’un regard vers le ciel lui permettra de se dire
Que la richesse du Monde demeure en son sein

Il retrouvera sa place auprès des sœurs Étoiles
Enfin apaisé d’avoir trouvé la lumière
Aligné, transparent, débarrassé de ce voile
Qui éloigne de l’évidence, nous enferme dans la matière…

La danse des Cycles

Ce soir le Macrocosme peint un tableau subtile;
La Lune bientôt pleine, s’apprête pour le Cancer
Tandis que le Soleil, rêve de leur idylle
Elle se fera désirer dans l’ombre de la Terre.

L’alignement des Astres à lire comme un présage?
Quelques leçons de vie, le Cosmos nous chante
Et peut-être jusqu’à comprendre en l’Eclipse un message
Soyons bien attentifs, cette nuit sera parlante.

« Ce qui est en Haut est comme ce qui est en Bas »
Nous le rappelle Hermes, le Messager des Dieux
Alors préparons nous, ce soir c’est le Sabbat
À enfiler nos ailes, à regarder les Cieux.

Dans ces moment cycliques où l’Univers s’impose
Nos corps tels des paquebots perdent souvent la boussole
Les émotions chavirent parfois pour peu de chose
Tout comme il en faut peu, pour que l’on se console.

Car nos Eaux intérieures, à l’image de la marée
Se mouvent, se balancent sous la gravité
Par les lois de ce Monde nous sommes influencés
Mais sachez que la Nature a tout bien calculé.

Et nous funambulons sur la corde sensible
La tête dans la Lune comme Pierrot, Colombine
Si on prenait exemple pour trouver l’équilibre
Comme les plantes en Hiver, redescendre aux racines.

Au lieu de se courber, redressons notre échine
Ouvrons en grand les bras, accueillons le changement
Préparer le terrain, retirer les épines
Qu’on a nous même planté, la plus part du temps.

Enlevons ces pansements qui ne font que cacher
Des plaies parfois si belles et qui font qui nous sommes
Accepter la mouvance et laisser s’exprimer
Comme les Corps célestes, nos corps et leurs symptômes.

En ces jours décisifs, l’étonnante carte du Ciel
Nous invite à danser pour éviter la chute
Alors nous ferions bien de prendre ses conseils
D’accompagner le mouvement, d’abandonner la lutte.

Laissons un peu ouvertes les portes que l’on redoute
Qui nous mèneront certes, on ne sait où demain
Ne pas sans cesse fuir, l’inconnu qui déroute
Et se laisser porter, faire confiance au Destin…

La petite histoire de l’Ego

L’Ego, capitaine de nos vies est un fier conquérant
Prêt à museler l’Âme pour garder le dictât
Il use de ses pouvoirs pour être au premier rang
Et défile fièrement dans ses beaux apparats.

L’Ego est une armure mais elle n’est pas sans faille
Un poignard dans le mille; elle se brise comme du verre
On recolle les morceaux, on en fait un vitrail
Pour cacher ses faiblesses au reste de l’Univers.

Mais lorsque l’on retire, ce masque qui nous enferme
Souvent on entrevoit un amas de blessures
C’est bien cet Ego qui nous permet à terme
De garder le dos droit et de faire bonne figure.

Certains trouvent agréable de marcher dans son ombre
De se laisser porter par ce Moi imposteur
D’autres ignorent son manège et l’emportent dans leur tombe
Moi j’aimerais le dissoudre et libérer les rancœurs.

Dans chaque recoin l’Ego sait se cacher
Dans l’Esprit, dans le Corps il dépose ses scories
Mais comme toute matière on peut le purifier
Le rendre lumineux, grâce à l’Alchimie!

Stephen Mackey

Terrasser la Bête

Nichée au sein de chaque cœur
Parfois discrète et impalpable
Sommeille une bête appelée Peur
Gardienne de Portes infranchissables

Autour elle tisse d’une matière dense
Une toile épaisse, une étoffe coriace,
Que seule peut vaincre la Confiance
Cette arme d’esprit forgée d’audace.

Derrière ces Portes s’ouvre l’Inconnu
Un nouveau Monde plus grand encore
Mais l’accès au fruit défendu
Demande l’abandon du confort

Il faut combattre cette créature
Qui n’est en fait qu’une bête de somme
Qui se nourrit de nos blessures
Qu’inconsciemment on emprisonne…

Pour cette épreuve prendre son temps
Cette Peur, apprendre à la connaitre
Parfois chercher dans notre sang
Ce qu’on laissé tous nos ancêtres.

Il n’est pas simple d’aimer la bête
Pourtant certains osent l’embrasser
Comme elle grandit dans notre tête
Le minimum est de l’écouter.

C’est un travail de longue haleine
Mais synonyme de liberté
Lorsqu’on retire de l’ADN
Ce qui tend a nous abimer

Si la puissance de l’animal
Ne peut que vous agenouiller
Demeurez face pour qu’au final
Rien de tout ça ne soit renié.

Et le travail fera qu’un beau jour
Vous trouverez son talon d’Achille
Vous parviendrez à votre tour
À rendre cette bête fragile.

Quand viendra l’heure de l’enterrer
Faites le sermon qu’aujourd’hui
Vous ne laisserez plus s’installer
Ce genre de larve dans votre esprit.

Ouvrez les portes et choisissez
Une nouvelle graine, un nouvel outil
L’Humour, l’Art, la Relativité…
Tant d’autres façons de voir la Vie.

Une question de choix

Fallen Angel by Alexandre Cabanel

Lorsqu’un terrible orage sermonne notre ciel
Et qu’une pluie torrentielle d’aléas est à craindre
Il n’appartient qu’à nous d’allumer une chandelle
En distrayant le vent qui menace de l’éteindre.

Et bien qu’il fasse nuit noire en cette soirée d’hiver
Qu’aucune étoile ne veille à indiquer la route
Cette bougie incarne, l’unique et seul repère
Délicate, éphémère, qui fond au goutte à goutte.

Si dans nos fébriles mains, la précieuse lueur
Vient guider nos errances vers une plus belle étape
La marche dure longtemps, ne pas compter les heures
Perdues à rattraper, l’espoir qui s’échappe.

Il y a plusieurs « manières », chacun a sa façon;
Soit extirper un sens de ce qui semble chaos,
Changer le cours des choses ou se dire « À quoi bon? »
Éperduement attendre oubliant notre égo.

La roue tourne sans cesse, emportant avec elle
Le flot des émotions, gouvernail de nos jours
Mais si nous entretenons quelque part l’étincelle
À chacune des tempêtes la brandir en secours.

Porter à bout de bras cette lourde lanterne
Traverser le tunnel même si à bout de force
Sur nos faces fatiguées soulignées de belles cernes
Un regard plein de vie, enfin se réamorce.

Tout redevient limpide, le brouillard se dissipe
Le soleil détrôné reconquiert nos matins
Si à notre bonheur celui-ci participe
Le rayonnement du coeur ne doit dépendre de rien.

Auteurs de nos vies nous sommes tous ici bas
Illusion égotiste, on en fait tout un monde
Oubliant l’importance de bien d’autres combats,
Se perdant dans des brèches que l’on croit profondes.

Le verbe créateur, un outil d’excellence
Dresser les énergies, influencer sa voie
Avoir conscience de ses actes, mesurer la portance
De cette dure vérité; la Faiblesse est un choix.

lien video du poème

Art de vivre

The last Judgement, Jan Provost

Un acte; une conséquence parait-il
Et l’Homme pourtant gambade serein.
Le Ciel est un miroir fragile
Du haut nous ne sommes que des pantins.

Il est une Loi parmis les autres,
Qui nous observe et nous punis
De n’être conscient de toutes les fautes
De la façon dont on agit.

Elle est discrète et prend son temps
Puis apparaît dans la pénombre
C’est qu’elle attend le bon moment
Pour nous marquer de passages sombres.

Ce n’est pas juste pour nous châtier
Ni même pour nous prendre au piège
Mais se rendre compte de nos pêchers
Ouvre des portes et nous allège.

Si d’aventures on sait apprendre
De nos erreurs il reste encore
Un long parcourt fait de méandres
Il faut passer par plusieurs morts.

Si votre conscience sait cela
Ne tournez pas tout en dilemme
A l’infini des vies on a,
Pour rectifier nos anathèmes.

Jusqu’à comprendre la matière
Réduite en poudre, menue hachée
Ainsi ramasser la poussière
De nos soupirs, du temps passé.

Celui qui tend vers la lumière
Le regard fixe sans dérouter
On le dit sage mais au contraire
De quelles chutes s’est-il relevé?

L’idée étant, que des épreuves
Chacun en tire un beau diplôme
Trouver l’Espoir qui nous abreuve
Noie nos démons et nos fantômes.

À chaque étapes évoluer
De nos esprits trouver les failles
Toutes ses angoisses les extirper
Qu’elles ne pourrissent nos entrailles

Le troisième Œil grand ouvert
Pas même la nuit le refermer
Car il nous guide dans nos rêves
L’Eveil comme un bijou porté.

La Quête

Si l’initié chemine dans sa quête tranquille
Sans équivoque aucune, parcourt les mystères,
Moi chevalière avide des mondes subtiles,
Je marche à pas de loup, curieuse et solitaire.

À la recherche du socle, de mon épée guerrière,
Dissimulé sous les dalles d’un Monument sacré,
C’est avec l’entrain de mon âme templière,
Que je pars à l’affront des croyances oubliées.

Si l’Air, mon élément, me pousse à affranchir
Les limites que fixe notre Réalité
C’est dans le Feu que brûle mon ardent désir,
D’enfin voir mon être, en Or transmuté.

Au travers des vitraux la lumière sublime,
La figure meurtrie de l’idole crucifiée,
J’observe ébahie, l’Eglise, cette énigme
Dont l’Imagerie m’a toujours fascinée.

Il est des écrits, des textes indechiffrables,
Qui bourdonnent dans mon crâne en une boucle incessante,
Et je voudrais comprendre le vrai sens de ces fables
Qui guident vers cette Arche aux couleurs irisantes.

Si je cherche l’impossible sur les Terres de l’occulte
Et que dans l’Eau bénite, mon Ether se noie,
J’aurais bien en vain réveillé le tumulte
Du cœur, sacré cœur qui sommeillait en moi.

Si d’épines divines, le succès couronne
Les efforts épuisés de ma profonde foi
Des échardes vives dans mes pieds sillonnent
Les stigmates du doute, à l’aube de chaque émoi.

Dans mes rêves je côtoie d’illustres personnages,
Astrologues, alchimistes, incorruptibles savants,
Aggripa, Paracelse, beaucoup sont des mages,
Mais les Druides j’avoue, réveillent mon âme d’enfant.

Et si chacune des épreuves, je les compte une à une,
Comme les perles d’un chapelet que je roule sous mes doigts
L’Intuition est devenue, ma plus grande fortune
C’est l’arme de poing qui m’accompagne chaque fois.

Si Dieu existe, pour moi il n’a de nom,
Que la vibrante onde perceptible au creux..
Des sentiments profonds et remise en question
Qui rendent la route longue, le chemin fastidieux.

« Je ne sais pas » est devenu mon credo,
Qui me pousse à retourner chaque pierre…
« Et pourquoi pas? » la réponse à mes maux,
Me donnant la force d’avancer plus qu’hier.

Et puis quand par magie, opère la loi Karma
Que des rencontres précieuses viennent caresser la plèvre,
Comme une réponse venant tout droit de l’Au-delà,
Je crois que le Saint Graal, je l’ai frôlé des lèvres.

(Merci à Maena pour ce portrait que j’adore)