Présentation

Madre

Dans nos rêves défilent des paysages sublimes
Des voûtes célestes, des océans dansants
Des bois jolis, des montagnes dont la cime
Semble inatteignable et rend nos réveils frustrants.

Mais sachez qu’il existe un lieu plus magique encore
Si l’on ose se blottir dans les bras de la forêt
Que l’on cherche, que l’on explore, qu’on se perde dans la flore
Et qu’enfin on a la chance de rencontrer la Madre..!

C’est une très vieille dame, que l’on surnomme « Grand-mère »,
Une savante, une Chamane, une grande enseignante
Qui connait chaque mystère, chaque secret de l’Univers
C’est une Guide ancestrale, elle est clairvoyante.

Sa rencontre est puissante, elle réveillera en vous
Des souvenirs enfouis, des sentiments refoulés
Elle n’a aucune gêne à ouvrir chaque verrou
Mais n’ayez crainte! Elle est là pour vous soigner!

Elle chantera pour vous des rythmes nouveaux
Qui feront danser chacune de vos cellules
Et elle peindra pour vous d’incroyables tableaux
C’est une artiste complète qui nous invite dans sa bulle.

Elle soulève les évidences et aime bien faire rire
Mais n’est pas toujours douce, parfois vous fait pleurer
C’est son entièreté qui vous fait revenir
Dans ces sombres endroits, pour la consulter.

C’est elle qui vous mènera au devant du portail
De ce Temple sacré, convoité, dissimulé
C’est le Sanctuaire de la Conscience, du détail
Gardé précieusement par deux Serpents entremêlés.

Ils protègent la Clef de la Connaissance
Clef coulée dans l’Or et ornée d’émeraudes
Elle est celle qui permet de retrouver l’Essence
Et de répondre aux questions qui nous taraudent

Pour pouvoir y entrer, il faut s’armer de patience
Et ouvrir son esprit comme une fenêtre sur le Monde
Se faire tout petit, arriver sans méfiance
Et lui offrir son coeur à chaque seconde…

Terrasser la Bête

Nichée au sein de chaque cœur
Parfois discrète et impalpable
Sommeille une bête appelée Peur
Gardienne de Portes infranchissables

Autour elle tisse d’une matière dense
Une toile épaisse, une étoffe coriace,
Que seule peut vaincre la Confiance
Cette arme d’esprit forgée d’audace.

Derrière ces Portes s’ouvre l’Inconnu
Un nouveau Monde plus grand encore
Mais l’accès au fruit défendu
Demande l’abandon du confort

Il faut combattre cette créature
Qui n’est en fait qu’une bête de somme
Qui se nourrit de nos blessures
Qu’inconsciemment on emprisonne…

Pour cette épreuve prendre son temps
Cette Peur, apprendre à la connaitre
Parfois chercher dans notre sang
Ce qu’on laissé tous nos ancêtres.

Il n’est pas simple d’aimer la bête
Pourtant certains osent l’embrasser
Comme elle grandit dans notre tête
Le minimum est de l’écouter.

C’est un travail de longue haleine
Mais synonyme de liberté
Lorsqu’on retire de l’ADN
Ce qui tend a nous abimer

Si la puissance de l’animal
Ne peut que vous agenouiller
Demeurez face pour qu’au final
Rien de tout ça ne soit renié.

Et le travail fera qu’un beau jour
Vous trouverez son talon d’Achille
Vous parviendrez à votre tour
À rendre cette bête fragile.

Quand viendra l’heure de l’enterrer
Faites le sermon qu’aujourd’hui
Vous ne laisserez plus s’installer
Ce genre de larve dans votre esprit.

Ouvrez les portes et choisissez
Une nouvelle graine, un nouvel outil
L’Humour, l’Art, la Relativité…
Tant d’autres façons de voir la Vie.

Une question de choix

Fallen Angel by Alexandre Cabanel

Lorsqu’un terrible orage sermonne notre ciel
Et qu’une pluie torrentielle d’aléas est à craindre
Il n’appartient qu’à nous d’allumer une chandelle
En distrayant le vent qui menace de l’éteindre.

Et bien qu’il fasse nuit noire en cette soirée d’hiver
Qu’aucune étoile ne veille à indiquer la route
Cette bougie incarne, l’unique et seul repère
Délicate, éphémère, qui fond au goutte à goutte.

Si dans nos fébriles mains, la précieuse lueur
Vient guider nos errances vers une plus belle étape
La marche dure longtemps, ne pas compter les heures
Perdues à rattraper, l’espoir qui s’échappe.

Il y a plusieurs « manières », chacun a sa façon;
Soit extirper un sens de ce qui semble chaos,
Changer le cours des choses ou se dire « À quoi bon? »
Éperduement attendre oubliant notre égo.

La roue tourne sans cesse, emportant avec elle
Le flot des émotions, gouvernail de nos jours
Mais si nous entretenons quelque part l’étincelle
À chacune des tempêtes la brandir en secours.

Porter à bout de bras cette lourde lanterne
Traverser le tunnel même si à bout de force
Sur nos faces fatiguées soulignées de belles cernes
Un regard plein de vie, enfin se réamorce.

Tout redevient limpide, le brouillard se dissipe
Le soleil détrôné reconquiert nos matins
Si à notre bonheur celui-ci participe
Le rayonnement du coeur ne doit dépendre de rien.

Auteurs de nos vies nous sommes tous ici bas
Illusion égotiste, on en fait tout un monde
Oubliant l’importance de bien d’autres combats,
Se perdant dans des brèches que l’on croit profondes.

Le verbe créateur, un outil d’excellence
Dresser les énergies, influencer sa voie
Avoir conscience de ses actes, mesurer la portance
De cette dure vérité; la Faiblesse est un choix.

lien video du poème

Art de vivre

The last Judgement, Jan Provost

Un acte; une conséquence parait-il
Et l’Homme pourtant gambade serein.
Le Ciel est un miroir fragile
Du haut nous ne sommes que des pantins.

Il est une Loi parmis les autres,
Qui nous observe et nous punis
De n’être conscient de toutes les fautes
De la façon dont on agit.

Elle est discrète et prend son temps
Puis apparaît dans la pénombre
C’est qu’elle attend le bon moment
Pour nous marquer de passages sombres.

Ce n’est pas juste pour nous châtier
Ni même pour nous prendre au piège
Mais se rendre compte de nos pêchers
Ouvre des portes et nous allège.

Si d’aventures on sait apprendre
De nos erreurs il reste encore
Un long parcourt fait de méandres
Il faut passer par plusieurs morts.

Si votre conscience sait cela
Ne tournez pas tout en dilemme
A l’infini des vies on a,
Pour rectifier nos anathèmes.

Jusqu’à comprendre la matière
Réduite en poudre, menue hachée
Ainsi ramasser la poussière
De nos soupirs, du temps passé.

Celui qui tend vers la lumière
Le regard fixe sans dérouter
On le dit sage mais au contraire
De quelles chutes s’est-il relevé?

L’idée étant, que des épreuves
Chacun en tire un beau diplôme
Trouver l’Espoir qui nous abreuve
Noie nos démons et nos fantômes.

À chaque étapes évoluer
De nos esprits trouver les failles
Toutes ses angoisses les extirper
Qu’elles ne pourrissent nos entrailles

Le troisième Œil grand ouvert
Pas même la nuit le refermer
Car il nous guide dans nos rêves
L’Eveil comme un bijou porté.

La Quête

Si l’initié chemine dans sa quête tranquille
Sans équivoque aucune, parcourt les mystères,
Moi chevalière avide des mondes subtiles,
Je marche à pas de loup, curieuse et solitaire.

À la recherche du socle, de mon épée guerrière,
Dissimulé sous les dalles d’un Monument sacré,
C’est avec l’entrain de mon âme templière,
Que je pars à l’affront des croyances oubliées.

Si l’Air, mon élément, me pousse à affranchir
Les limites que fixe notre Réalité
C’est dans le Feu que brûle mon ardent désir,
D’enfin voir mon être, en Or transmuté.

Au travers des vitraux la lumière sublime,
La figure meurtrie de l’idole crucifiée,
J’observe ébahie, l’Eglise, cette énigme
Dont l’Imagerie m’a toujours fascinée.

Il est des écrits, des textes indechiffrables,
Qui bourdonnent dans mon crâne en une boucle incessante,
Et je voudrais comprendre le vrai sens de ces fables
Qui guident vers cette Arche aux couleurs irisantes.

Si je cherche l’impossible sur les Terres de l’occulte
Et que dans l’Eau bénite, mon Ether se noie,
J’aurais bien en vain réveillé le tumulte
Du cœur, sacré cœur qui sommeillait en moi.

Si d’épines divines, le succès couronne
Les efforts épuisés de ma profonde foi
Des échardes vives dans mes pieds sillonnent
Les stigmates du doute, à l’aube de chaque émoi.

Dans mes rêves je côtoie d’illustres personnages,
Astrologues, alchimistes, incorruptibles savants,
Aggripa, Paracelse, beaucoup sont des mages,
Mais les Druides j’avoue, réveillent mon âme d’enfant.

Et si chacune des épreuves, je les compte une à une,
Comme les perles d’un chapelet que je roule sous mes doigts
L’Intuition est devenue, ma plus grande fortune
C’est l’arme de poing qui m’accompagne chaque fois.

Si Dieu existe, pour moi il n’a de nom,
Que la vibrante onde perceptible au creux..
Des sentiments profonds et remise en question
Qui rendent la route longue, le chemin fastidieux.

« Je ne sais pas » est devenu mon credo,
Qui me pousse à retourner chaque pierre…
« Et pourquoi pas? » la réponse à mes maux,
Me donnant la force d’avancer plus qu’hier.

Et puis quand par magie, opère la loi Karma
Que des rencontres précieuses viennent caresser la plèvre,
Comme une réponse venant tout droit de l’Au-delà,
Je crois que le Saint Graal, je l’ai frôlé des lèvres.

(Merci à Maena pour ce portrait que j’adore)

Camisole de chair

Cette geôle dissimulée dans la désinvolture,
Cette cage-carcasse, cantonnant notre esprit,
Ce corridor infernal où s’inscrivent les blessures,
Le corps est un cachot pour celui y vit.

Chaque prisonnier est seul, dans sa tour de chair,
Ayant le camouflage comme seul échappatoire,
Tantôt acceptant l’hôte, brisant la hache de guerre,
À peine le lendemain, jugé par le miroir.

C’est dans les yeux de l’autre, que nous faisons foi,
Et créons l’estime qui couronne nos têtes,
Comme un fragile diadème, se brisant parfois
En mille pièces est, l’image parfaite.

Et un jour la raison vient arracher en lambeau,
Ces apparences futiles, dont nous sommes enduits,
Par la peau déchirée d’un revers de couteau,
L’Etre profond, l’ego, de la surface resurgit.

La beauté dissimulée dans une écorchure profonde,
Ensevelie de honte , de mépris, d’ignorance,
Et enfin déterrer cet émoi d’outre-tombe
Par l’acceptation de soi comme une délivrance.

Francisco de Zurbarán. Agnus Dei, 1635-40

À la rencontre de l’Âme

Je vous invite à la rencontre
De ce qui habite, anime nos chairs,
Cette énergie céleste, dans la pénombre,
Ce spectre intime, nommé Éther.

Tantôt lumière, vapeur, émanation,
Que les croyances enferment dans l’Au-delà
La même substance a tant de noms
Psyché, Nephesh ou bien Athma.

Certes le folklore nous fait rêver
D’un Paradis, d’un Nirvana,
Où l’Âme en paix, peut reposer
Tranquillement et sans tracas.

N’attendez pas cette heure ultime,
Pour expirer ce souffle magique,
C’est l’étincelle qui nous sublime,
Nous rend vivants, charismatiques.

C’est pourtant simple de l’écouter,
C’est la musique rythmant nos pas,
Qui dans nos rêves et nos pensées
Nous guide au plus profond du Soi.